
L'homme en noir termine d'accrocher ses dernières notes, puis, très vite il se vêtit de sa redingote
Le papier griffonné et le cheveux en bataille il part déposer son requiem.
L'homme est las, fatigué de créer l'harmonie.
Il s'accorde un dernier verre et s'enfonce dans le noir
Un soupir de trop laisse apercevoir son désespoir.
Allant de ville en ville la mesure en ballade
Il espère en vain transmettre son aubade
Enfin on lui tend une salle
Pour parfaire l'unisson il provoque la répétition.
Le jour est là....
Il se saisit de lui l'accorde et le transporte, lui, le violon va encore s'accorder un essai.
Enfin là sous l'archet on lui donne le ton, le crin le caresse veillant à ne pas tirer trop fort.... les cordes pourraient céder.
Mais cette fois ci un enchantement harmonieux s'étale sur lui.
Nul crissement...tout semble au diapason
Le doux son de celle qui semblerait être à l'unisson, le transporte vers d'autres horizons.
Le talent n'attend que lui mais qui lui reconnaitra
Lui, l'instrument de cet homme n'a que faire de son talent
il n'attendait que celle qui harmonieusement se glisserait sur ses cordes
celle qui l'envelopperait de douceur et bannirait les sanglots de ses notes
Il venait de la rencontrer et ne voulait plus la quitter
Le concert terminé l'homme le replonge dans l'abime de son étui
Loin de sa belle Mélodie qui s'enfuit vers d'autres instruments
Éperdument amoureux il se refusait depuis à jouer d'autres symphonies
l'homme n'avait que faire de cet instrument désaccordé.
Elle, déjà happée par d'autres cordes s'éloignait déjà de celui qui, amoureusement n'avait laissé aucun soupirs déformés sa mélodie.
Le violon monotone n'oublierait jamais ce jour d'automne
il se refusait depuis de jouer les notes déposées et menées par l'archet.
Ses cordes inconsolables déversaient leur complainte.
Au début de l'hiver, l'homme en noir l'a troqué contre un peu d'espoir abandonnant son instrument à un bien triste sort.
Son bois bien vite crépite dans la fraîcheur du soir , les cordent sous l'emprise des flammes ont lâché leur dernier soupir...
Elle, n'a rien su de cette fin ardente et continue de se déposer allégrement sur les cordes de ceux, qui gorgés d'espoir entonnent l'harmonie de ses notes.